Nau - vidéo hd - 21mn - 2017

Filmer la Corse comme si c'était la Caraïbe - guidée par les poèmes de John Antoine Nau.

D’une île l’autre, d’une colonie l’autre, d’une insurrection l’autre, d’une temporalité l’autre, d’un poète l’autre, d’une nostalgie l’autre.

Ce film a été réalisé et présenté dans le cadre de l’exposition Sous le pâle et si lointain soleil d’or cendré - John Antoine Nau in Corsica (1909-1916) autour de l’ouvrage d’Eugène Gherardi, La Corse de John-Antoine Nau - Tournant de la Marine, 2016. 

Nb: Le dernier texte récité dans le film Nau est tiré de l’oeuvre d’Ignace Nau Le Lambi, 1837.

 

« Nau » est un essai qui prend la forme d’une évocation poétique.

L’idée de ce court-métrage est venue de la lecture du recueil des poèmes et de la correspondance écrits par John Antoine Nau durant son séjour en Corse entre 1909 et 1916 (rassemblées par Eugène Gherardi dans son ouvrage : La Corse de John-Antoine Nau - Tournant de la Marine, 2016). Outre la découverte de cet auteur méconnu qui pourtant a été le premier à recevoir le prix Goncourt, grand voyageur et adorateur des îles cette lecture a suscité une autre forme de correspondance que j’ai voulu mettre en image avec ce film : une correspondance entre la Corse et la Caraïbe.

 

Synopsis : 

Nau a beaucoup voyagé et parmi de nombreuses destinations il a vécu quelques temps aux Caraïbes dans sa jeunesse et sept ans en Corse à la fin de sa vie. Ses yeux, sa tête étaient remplies d’images lointaines, d’exotisme lorsqu’il vivait en Corse. Comme si les réminiscences de son passé lui imposaient une superposition de sensations d’une île à l’autre. En Corse il a trouvé un horizon quasiment libre de continents, il a retrouvé aussi une colonie française.

J’ai cherché à cadrer le paysage Corse, dans des lieux qui me sont familiers de façon à laisser penser qu’il pourrait s’agir de la Caraïbe. Une voix en off ouvre le film avec le poème « Cargese » qui n’est autre qu’une description par Nau de la Corse comme si elle était la Caraïbe.

 

Au moment où nous tournions le premier plan sur une plage du Cap-Corse au soleil couchant m’est apparu Haïti : La plage était déserte seuls deux silhouettes de jeunes garçons noirs se détachaient sur l’horizon puis un tambour s’est fait entendre : c’était eux. Je me suis adressé à l’aîné pour savoir ce qu’il jouait et il m’a présenté son père assis sur le sable à quelques mètres : Atissou Loko maître du vaudou haïtien. Cette rencontre fortuite m’a confirmé le fort lien de Nau à la Corse et Haïti d’où il a pris son nom de plume en hommage au poète haïtien Ignace Nau, poète de la décolonisation. Dans ce film j’ai tenté d’esquisser les liens sous-jacent entre Nau et Nau, la Corse et Haïti, la nostalgie des colonies et la révolte haïtienne vodou.